Les noms de Jésus
Mieux le connaître pour mieux l’aimer
L’auteur :
Etienne Méténier prêtre de la communauté des Béatitudes, docteur en théologie (École biblique et archéologique française de Jérusalem et Faculté pontificale Saint-Esprit au Liban), spécialiste des Écritures Saintes en syriaque (l’araméen des chrétiens). Né en 1972, il est fils spirituel d’un ermite de l’Église d’Orient, HEC, ancien officier des commandos Marine, il a été missionnaire au Moyen Orient, en Océanie, en Afrique comme recteur d’un sanctuaire marial, et curé au port de Lima. Il vit actuellement dans le Tarn.
Il est membre du projet Bible en ses Traditions de l’Ecole Biblique (Jérusalem)
Les noms de Jésus, mieux le connaître pour mieux l’aimer
Nommer une personne, c’est entrer en relation avec elle. Or, depuis l’Ancien Testament, le Messie a été décliné sous différents noms par la plume des prophètes.
Voici la première étude systématique des noms de Jésus à travers toute l’Écriture. Écrite avec intelligence et profondeur spirituelle riche de connaissance et d’expérience, elle puise dans l’héritage du judaïsme, de la Tradition de l’Église et des saints.
Un livre tout public pour entrer dans la largeur, la longueur, la profondeur, la hauteur du mystère du Christ, visage de l’amour de Dieu. Une porte ouverte vers l’infini qui nous permet de goûter au repos de l’âme.
Présentation
Nommer une personne signifie entrer en relation avec elle. Ceci implique au préalable de la connaître au moins un peu. Or, ce qui vaut, grâce au langage humain, entre nous et toute autre créature, a encore plus d’importance entre nous et notre Créateur. Chaque Personne de la Trinité est le Dieu infini : aucun nom terrestre ne peut suffire à la définir complètement.
Cependant, en Jésus, Dieu a voulu se faire connaître pour réparer l’éloignement, l’ignorance et la difficulté de communication qui suivirent la chute d’Adam. La Parole de Dieu a livré aux hommes suffisamment de lumière pour réparer la communion entre l’homme et Dieu. Puisque le Christ s’est manifesté dans l’histoire des hommes comme la Torah vivante ou le Verbe divin, ses noms sont faits pour être connus et prononcés par nous.
Tout baptisé a reçu un nom ; nous avons été appelés à l’existence, et il nous revient de répondre en appelant aussi Dieu par ses noms.
Ce livre s’adresse à toute personne désireuse de mieux connaître Jésus de Nazareth et/ou d’entrer en relation personnelle avec lui.
4 – Vrai homme et vrai Dieu
Jésus a été conçu et est né d’une femme (Lc 1, 31 ; Ga 4, 4), il a souffert la fatigue du chemin (Jn 4, 6) et la soif (Jn 4, 7 ; 19, 28). Il a eu faim (Mt 4, 2) et a mangé tout comme nous ; il a aussi eu froid et chaud, mal à la tête et à la gorge (He 4, 15b), il a pleuré (Lc 19, 41 ; Jn 11, 35 ; He 5, 7), a souffert et est mort comme un homme, pour compatir à toutes nos faiblesses (He 4, 15a : « asthénies »).
Le scandale pour nos intelligences limitées est qu’il est aussi vrai Dieu et Seigneur (voir le tableau ci-dessous). Qui appelle, contemple ou embrasse Jésus s’adresse toujours à la fois à ses deux essences humaine et divine, inséparables en sa personne depuis sa conception.
La divinité de Jésus est aussi révélée dans l’Évangile par son autre nom de « Fils de Dieu » (par exemple en Jn 20, 31), ce qui, au singulier, exprime sa communion éternelle avec Dieu le Père, annoncée dans le Psaume 2. Dieu est une famille (Ep 2, 19 grec ), la Trinité, et l’engendrement éternel du Fils qui est parfait ne fait pas de lui une Personne inférieure au Père. Le Fils de Dieu participe à l’œuvre divine de la Création de l’univers, lorsque le Père le prononce (cf. Ps 33, 6).
Les miracles de Jésus sur cette Création (eau changée en vin, revivification de morts, multiplication des pains, tempête apaisée, pêches miraculeuses) manifestent non de simples prodiges de guérisseurs, mais son autorité proprement divine sur les éléments (Mc 4, 41). Les témoins de ces miracles n’étaient ni des idiots ni des menteurs : pour le Créateur de l’univers, faire parfois des exceptions aux grandes lois naturelles qu’il a lui-même posées n’est en rien une difficulté. Qui manque d’humilité et de capacité de confiance en plus grand que soi se rend incapable de les reconnaître et de confesser Jésus comme Dieu.
Ses paroles expriment clairement des prérogatives exclusivement divines (Jn 5, 18. Motif de sa condamnation : Jn 10, 33) : en particulier son éternité (cf. Jn 8, 58), tous les « Je Suis » (par exemple Jn 8, 12 : voir ci-dessous), l’annonce de son jugement final des nations (Mt 25, 32), l’affirmation « Tout pouvoir (exousia/potestas/shultana) m’a été donné dans le ciel et sur la terre » (Mt 28, 18). Si Jésus avait menti, il aurait été très orgueilleux (ce que contredisent ses actes continuellement humbles : il refuse d’être proclamé roi et se fait le serviteur de tous) et se serait vraisemblablement corrigé lors de son « procès » pour éviter les tortures et le supplice de la croix ; et s’il avait été fou, son existence aurait manifesté cette pathologie (narcissisme, égocentrisme, tyrannie, absence d’empathie…) alors que ses paroles et sa vie expriment d’abord une sagesse reconnue même par des non-croyants (Mc 1, 22 ; Mt 13, 54).
Son enseignement nouveau donné avec autorité (Mc 1, 27) – par exemple jusqu’à donner sa vie par amour pour ses ennemis – n’était plus concevable dans l’humanité déchue, et vient donc du Père (Jn 15, 15).
C’est seulement parce qu’il est Dieu qu’il a la puissance de pardonner tous les péchés (Mt 9, 6) et de sauver par sa Pâque l’univers entier, soit cent milliards d’êtres humains déjà depuis le premier couple, selon l’estimation de la science.
La prédication des apôtres a clairement proclamé la divinité de Jésus (Col 2, 9 ; Ti 2, 13 ; 2 P 1, 1 et al.) sans même essayer alors de la démontrer, ce qui indique qu’elle était évidente et non contestée, et ce pour la totalité des disciples. L’affirmation de l’Incarnation divine était d’ailleurs si difficile pour l’intelligence humaine déchue et pour la tradition rabbinique pharisienne qu’elle n’aurait pas été inventée par des hommes afin de tenter de persuader les autres. Elle vient donc de la réalité voulue par Dieu lui-même.
Ainsi, Jésus est à la fois proche de nous et Seigneur (Lc 1, 43) digne de toute adoration. Il mérite et vaut la peine qu’on laisse toute chose et même parfois toute autre personne et notre propre vie (Mt 10, 37s) pour lui seul, qu’on l’écoute, le cherche et lui obéisse toute notre vie !
Cette profession de foi n’est possible que par l’humble accueil de l’Esprit, et elle confère cet Esprit (cf. 1 Co 12, 3).
Quand nous voyons Jésus par la foi, nous commençons aussi à voir le Père (cf. Jn 14, 9). Jésus est ainsi aussi le TrèsHaut, exerçant son pouvoir divin en tout, Pantokratôr : ce terme grec traduit l’hébreu plus imagé « des armées » et n’est que maladroitement rendu en latin et en français par « tout-puissant », du fait qu’en Dieu, toute puissance est aussi acte : il peut aimer, agir, etc. donc il aime, agit…
Puisque Jésus est Dieu, nous pouvons aussi renoncer à toute tristesse et toute inquiétude. Lui qui a versé son propre sang divino-humain pour chacun de nous, pourvoira aussi à tous les autres secours dont nous avons vraiment besoin.
Une autre confirmation de sa divinité est donnée par l’Ange du Seigneur lors de l’Annonciation, désignant l’enfant comme « le Saint » (Lc 1, 35). Les démons essaieront vainement de détourner l’expression en nommant Jésus « le saint de Dieu » (Mc 1, 24), alors qu’il est surtout Dieu Saint lui-même (comme le Père et l’Esprit). Cette sainteté désigne le Bien absolu ou l’Amour dans la vérité, sanctifiant ceux qui s’approchent de lui avec repentir et confiance. Dieu est Amour et Vérité absolus, et Jésus est saint à la fois parce qu’il est Dieu et parce qu’en tant qu’homme, il communie parfaitement aux deux autres Personnes de la Trinité. Jésus mérite donc que nous l’adorions de tout notre être. C’est ce que nous accomplissons, notamment en son Eucharistie.
Les noms de Jésus
Etienne Méténier
Editions des Béatitudes
192 p. – 135 x 210 – 17,50€
