Livres de Jacques Philippe

Sélection des Editions des Béatitudes

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Recherche la paix

Un incontournable pour acquérir et conserver la paix dans nos vies. À lire et relire sans modération. Un guide traduit dans une trentaine de langues.

Nous vivons une époque d’agitation et d’inquiétude. Cette tendance se manifeste jusque dans notre vie spirituelle : notre recherche de Dieu, de la sainteté, du service du prochain est agitée et anxieuse, au lieu d’être confiante et paisible. Mais comment faire pour traverser les moments de trouble et de peur, tout en restant dans la confiance et l’abandon ? C’est ce que nous enseigne ce petit traité sur la paix du cœur.

À travers des situations concrètes de notre vie quotidienne, l’auteur nous invite à réagir selon l’Évangile. Car si la paix intérieure est pur don de Dieu, elle est à rechercher et à poursuivre sans cesse ! Ce best-seller en version augmentée est là pour nous y aider.

Recherche la paix

Jacques Philippe

Editions des Béatitudes

152 p. – 11,5 x 17,5 cm – 9,90€

www.editions-beatitudes.com

La liberté intérieure

Un livre simple, concret et abordable qui a déjà transformé de nombreuses vies ! Pour ne plus vivre à l’étroit dans son cœur.

Ce petit livre aborde un thème fondamental de l’existence chrétienne, celui de la liberté intérieure. Le but est simple : découvrir que, même dans les circonstances extérieures les plus défavorables, nous disposons en nous-mêmes d’un espace de liberté que personne ne peut nous ravir, car Dieu en est la source et le garant. Dès lors, nous pouvons garder confiance et avancer malgré les souffrances que nous rencontrons inévitablement.

Cette liberté intérieure se conquiert dans la mesure où la foi, l’espérance et l’amour se fortifient en nous. Ce dynamisme des « vertus théologales » est le cœur de la vie spirituelle et permet d’accéder à la glorieuse liberté des enfants de Dieu.

INTRODUCTION

« Où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. »
Saint Paul

« Nous offrirons à Dieu notre volonté, notre raison, notre intelligence, tout notre être par les mains et le cœur de la Sainte Vierge. Alors notre esprit possédera cette liberté précieuse d’âme, si étrangère à la tension anxieuse, à la tristesse, à la dépression, à la contrainte, à la petitesse d’esprit. Nous naviguerons dans l’abandon, nous libérant de nous-mêmes pour nous attacher à Lui, l’Infini. »
Mère Yvonne-Aimée de Malestroit

Ce petit livre veut aborder un thème fondamental de l’existence chrétienne, celui de la liberté intérieure. Le but est simple : il me paraît essentiel que chaque chrétien découvre que, même dans les circonstances extérieures les plus défavorables, il dispose en lui-même d’un espace de liberté que personne ne peut lui ravir, car c’est Dieu qui en est la source et le garant. Sans cette découverte, nous serons toujours à l’étroit dans la vie et nous ne goûterons jamais un vrai bonheur. Au contraire, si nous avons su déployer en nous cet espace intérieur de liberté, bien des choses sans doute nous feront souffrir, mais rien ne pourra véritablement nous opprimer ni nous étouffer.

L’affirmation fondamentale que nous désirons développer est simple, mais d’une très grande portée : l’homme conquiert sa liberté intérieure dans l’exacte mesure où la foi, l’espérance et l’amour se fortifient en lui. Nous mettrons en lumière de manière concrète combien le dynamisme de ce que l’on appelle classiquement les « vertus théologales » est le cœur de la vie spirituelle, et manifesterons aussi le rôle clé de la vertu d’espérance dans notre croissance intérieure. Cette vertu d’espérance ne peut vraiment se déployer qu’en lien avec la pauvreté de cœur, ce qui veut dire que notre ouvrage peut être aussi considéré comme un commentaire de la première béatitude : « Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux. »

Nous reprendrons en les approfondissant certains thèmes que nous avons traités dans des livres précédents, sur la paix intérieure, la vie de prière, et la docilité au Saint-Esprit.

En ce troisième millénaire, nous souhaitons que ce livre soit une aide pour ceux qui désirent se rendre disponibles à ces merveilleux renouvellements intérieurs que le Saint-Esprit veut opérer dans les cœurs, et accéder ainsi à la glorieuse liberté des enfants de Dieu.

Chapitre 1
LIBERTÉ ET ACCEPTATION


1. La quête de la liberté

La notion de liberté peut sembler un lieu de rencontre privilégié entre la culture moderne et le christianisme. Celui-ci se propose en effet comme un message de liberté et de libération. Il suffit pour en être convaincu d’ouvrir le Nouveau Testament, où les mots « libre », « liberté », « affranchir » sont fréquemment utilisés : « La vérité vous libérera », dit Jésus en saint Jean. Saint Paul affirme : « Où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté » et ailleurs : « C’est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés. » La loi chrétienne est appelée par saint Jacques une « loi de liberté ». Reste à savoir quelle est la nature véritable de cette liberté ; nous essayerons de la comprendre.

Quant à la culture moderne, elle est marquée depuis quelques siècles, comme chacun peut le constater avec évidence, par une forte aspiration à la liberté. On sait cependant combien la notion de liberté peut être porteuse d’ambiguïtés, et conduire à des égarements qui ont produit des aliénations terribles et causé la mort de millions de personnes. Le XXe siècle en aura été un témoin hélas privilégié. Mais le désir de liberté continue à se manifester dans tous les domaines : social, politique, économique, psychologique. Sans doute s’exprime-t-il autant parce que, malgré tous les « progrès » réalisés, il reste insatisfait…

Au plan moral, on a l’impression que la seule valeur qui fasse encore un peu l’unanimité en ce début du troisième millénaire, est celle de la liberté : tout le monde est à peu près d’accord pour estimer que le respect de la liberté d’autrui reste une norme éthique fondamentale. Cela est sans doute plus théorique que réel – le libéralisme occidental étant de plus en plus totalitaire à sa manière –, et peut-être même une simple manifestation de cet égocentrisme foncier auquel est arrivé l’homme moderne, pour qui le respect de la liberté de chacun serait moins la reconnaissance d’une exigence éthique qu’une revendication individualiste : que personne ne se mêle de m’empêcher de faire ce dont j’ai envie !


Liberté et bonheur

Il faut cependant noter que cette aspiration à la liberté si forte chez l’homme contemporain, même si elle comporte une bonne part d’illusion et se réalise parfois dans des voies erronées, recèle quelque chose de très juste et de très noble.

En effet, l’homme n’a pas été créé pour être un esclave, mais pour dominer sur la création. La Genèse le dit explicitement. Il n’est pas fait pour mener une vie terne, étriquée, enserrée dans un espace étroit, mais il a été créé pour « vivre au large ». Les espaces confinés lui sont insupportables, tout simplement parce qu’il a été créé à l’image de Dieu, et qu’il y a en lui un besoin irrépressible d’absolu et d’infini. C’est sa grandeur, et parfois son malheur.

L’être humain manifeste aussi une telle soif de liberté parce que son aspiration la plus fondamentale est l’aspiration au bonheur ; et il pressent qu’il n’y a pas de bonheur sans amour, et pas d’amour sans liberté. Ce qui est parfaitement exact. L’homme a été créé par amour, et pour aimer, et il ne peut trouver le bonheur qu’en aimant et en étant aimé. Comme le dit sainte Catherine de Sienne, l’homme ne saurait vivre sans aimer. Son problème vient de ce que souvent il aime de travers ; il s’aime lui-même égoïstement, et se trouve en fin de compte frustré, car seul un authentique amour peut combler.

S’il est vrai que seul l’amour peut combler, il n’y a pas d’amour sans liberté : un amour qui procède de la contrainte, ou de l’intérêt, ou de la seule satisfaction d’un besoin, ne mérite pas le nom d’amour. L’amour ne se prend pas, ne s’achète pas non plus. Il n’y a d’amour véritable, et donc heureux, qu’entre des personnes qui disposent librement d’elles-mêmes pour se donner l’une à l’autre.

On pressent ainsi la valeur extraordinaire de la liberté : elle donne son prix à l’amour, et l’amour est la condition du bonheur. C’est sans doute l’intuition, même confuse, de cette vérité, qui fait que l’homme attache une telle importance à la liberté, et de ce point de vue on ne peut pas lui donner tort !

Mais comment accéder à cette liberté qui permet l’épanouissement de l’amour ? Pour aider ceux qui veulent atteindre ce but, nous allons commencer par évoquer certaines illusions bien répandues, dont personne n’est totalement indemne, mais dont il est nécessaire de sortir pour jouir d’une liberté véritable.


Liberté : revendication d’autonomie ou accueil d’une dépendance ?

Si l’idée de liberté semble comme nous l’avons dit présenter un terrain de rencontre entre le christianisme et la culture moderne, elle est aussi peut-être le point où ils divergent de la manière la plus radicale. Pour l’homme moderne, être libre signifie souvent pouvoir se débarrasser de toute contrainte et de toute autorité : « Ni Dieu, ni maître. » Pour le christianisme au contraire, on ne peut trouver la liberté que dans une soumission à Dieu, cette « obéissance de la foi » dont parle saint Paul. La liberté véritable est moins une conquête de l’homme qu’un don gratuit de Dieu, un fruit de l’Esprit Saint, reçu dans la mesure où l’on se situe dans une dépendance aimante vis-à-vis de son Créateur et Sauveur. Là se manifeste à plein le paradoxe évangélique : « Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera. » En d’autres termes, qui veut à tout prix préserver et défendre sa liberté la perdra, mais qui accepte de la « perdre » en la remettant avec confiance entre les mains de Dieu la sauvera : elle lui sera restituée, infiniment plus belle et profonde, comme un merveilleux cadeau de la tendresse divine. Comme nous le verrons, notre liberté est en fait proportionnelle à l’amour et à la confiance filiale qui nous attachent à notre Père du Ciel.

L’expérience vivante des saints nous encourage : ils se sont donnés à Dieu sans réserve, ne désirant faire que sa volonté, et en retour ont reçu progressivement le sentiment de jouir d’une immense liberté, que rien au monde ne pouvait leur ravir, d’où un bonheur intense. Comment cela est-il possible ? Nous essaierons de le comprendre peu à peu.


Liberté extérieure ou intérieure ?

Une autre illusion fondamentale relative à la notion de liberté est de faire de cette dernière une réalité extérieure, dépendant des circonstances, et non une réalité d’abord intérieure. Dans ce domaine comme dans bien d’autres, nous reproduisons le drame expérimenté par saint Augustin : « Tu étais au-dedans de moi quand j’étais au-dehors, et c’est dehors que je te cherchais ! »

Expliquons-nous. Le plus souvent, nous avons l’impression que ce qui limite notre liberté, ce sont les circonstances qui nous environnent : les contraintes que nous impose la société, les obligations de toutes sortes que les autres font peser sur nous, telle ou telle limitation dont nous sommes prisonniers concernant nos possibilités physiques, notre santé, etc. Pour trouver notre liberté, il faudrait alors éliminer ces contraintes et limitations. Quand nous nous sentons quelque peu « étouffés » dans des circonstances dont nous sommes prisonniers, nous en voulons aux institutions ou aux personnes qui semblent en être la cause. Que de ressentiments entretenus ainsi envers tout ce qui ne va pas selon notre gré dans la vie et nous empêche d’être libres comme nous le souhaiterions !

Cette manière de voir les choses comporte certainement une part de vérité. Il y a parfois certaines limitations auxquelles il faut remédier, ou des contraintes à franchir pour conquérir sa liberté. Mais il y a aussi une grande part d’illusion qu’il est nécessaire de démasquer, sous peine de ne jamais goûter la liberté véritable. Même si venait à disparaître tout ce que nous considérons dans notre vie comme empêchement à notre liberté, cela ne nous garantit en rien de trouver la pleine liberté à laquelle nous aspirons. Quand on repousse des limites, on en trouve d’autres un peu plus loin. On risque donc, en restant dans la problématique décrite ci-dessus, de se trouver dans un processus sans fin et une insatisfaction permanente. Nous buterons toujours sur des contraintes douloureuses. On peut s’affranchir d’un certain nombre d’entre elles, mais pour en trouver d’autres plus inflexibles : les lois de la physique, les limites de la condition humaine, de la vie en société…


Libération ou suicide ?

Le désir de liberté qui habite le cœur de l’homme contemporain se traduit ainsi souvent par une tentative désespérée pour franchir les limites dans lesquelles il se considère comme enfermé. On veut aller toujours plus loin, plus vite, avoir une plus grande puissance de transformer la réalité. Cela se ressent dans tous les domaines de l’existence. On croit qu’on sera plus libre quand les « progrès » de la biologie permettront de choisir le sexe des enfants. On imagine trouver la liberté en essayant d’aller toujours au-delà de ses possibilités. Non content de faire de l’alpinisme « normal », on se lance dans l’alpinisme « extrême », jusqu’au jour où l’on va un peu trop loin, et l’exaltante aventure se conclut par une chute mortelle. Ce côté suicidaire d’une certaine recherche de la liberté est évoqué de manière significative par la dernière scène du film Le grand Bleu : le héros du film, fasciné par l’aisance et la liberté qu’ont les dauphins de se mouvoir dans le fond des océans, finit par les suivre. Le film oublie de dire l’évidence : ce faisant il se condamne à une mort certaine ! Combien de jeunes tués par des excès de vitesse ou des overdoses d’héroïne, à cause d’une aspiration à la liberté qui n’a pas su trouver les chemins authentiques pour se réaliser. Celle-ci n’est-elle alors qu’un songe auquel il vaut mieux renoncer pour se contenter d’une vie terne et médiocre ? Certainement pas ! Mais il faut découvrir en soi-même et dans une relation intime à Dieu la liberté véritable.


C’est dans vos cœurs que vous êtes à l’étroit

Pour tenter de faire comprendre quelle est la nature de cet espace de liberté intérieure que chacun porte en soi et que personne ne peut lui ravir, je voudrais raconter une petite expérience que j’ai faite, concernant sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, et qui m’a beaucoup instruit.

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus est pour moi depuis de nombreuses années une amie très chère, et j’ai énormément appris à son école de simplicité et de confiance évangélique. Lors d’une des premières occasions où ses reliques ont quitté le Carmel pour se rendre dans une des villes qui les avaient demandées – il s’agissait, je crois, de Marseille –, je me trouvais à Lisieux. Les sœurs carmélites ont fait appel à des frères de la Communauté des Béatitudes pour les aider à transporter le lourd et précieux reliquaire dans la voiture qui devait le conduire à destination. Je me suis porté volontaire pour cette tâche sympathique, et cela m’a donné l’occasion inattendue d’entrer dans la clôture du Carmel de Lisieux, et de découvrir avec joie et émotion les lieux mêmes où a vécu Thérèse : l’infirmerie, le cloître, le lavoir, le jardin du Carmel avec l’allée des marronniers, tous lieux que je connaissais par l’évocation qu’en fait notre sainte dans ses Manuscrits autobiographiques. Une chose m’a frappé : les lieux étaient bien plus petits que ce que j’avais pu imaginer. Thérèse par exemple, à la fin de sa vie, évoque avec humour les sœurs passant lui faire un brin de causette en allant faire les foins, mais le grand pré à faner que je m’étais représenté n’est en fait qu’un mouchoir de poche !

Ce fait anodin, de l’étroitesse des lieux où a vécu Thérèse, m’a fait beaucoup réfléchir. J’ai réalisé à quel point Thérèse a vécu dans un monde humainement bien réduit : un petit Carmel de province à l’architecture banale, un minuscule jardin, une petite communauté faite de religieuses dont l’éducation, la culture, les manières étaient souvent bien pauvres, un climat où le soleil est loin de prédominer… Et une existence si brève dans ce monastère : dix ans ! Pourtant, et c’est ce paradoxe qui m’a frappé, quand on lit les écrits de Thérèse, on ne ressent absolument pas l’impression d’une vie qui se serait déroulée dans un monde étriqué, bien au contraire. Si on dépasse certaines limites de style, on perçoit dans sa manière de s’exprimer, dans sa sensibilité spirituelle, une impression d’ampleur, de dilatation merveilleuse. Thérèse vit dans des horizons très larges, qui sont ceux de la miséricorde infinie de Dieu et de son désir sans limite de l’aimer. Elle se sent comme une reine qui a le monde entier à ses pieds, car elle peut tout obtenir de Dieu et, par l’amour, se rendre en tous les points de l’univers où un missionnaire a besoin de sa prière et de ses sacrifices !

Il y aurait une étude philologique à faire sur l’importance des termes qui, chez Thérèse, expriment la dimension illimitée de l’univers spirituel dans lequel elle se meut : « horizons infinis », « désirs immenses », « océans de grâces », « abîmes d’amour », « torrents de miséricorde » et ainsi de suite. Le Manuscrit B en particulier, où Thérèse raconte la découverte de sa vocation au cœur de l’Église, est très révélateur. Il y a bien sûr chez elle la souffrance, la monotonie du sacrifice, mais tout cela est dépassé et transfiguré par l’intensité de sa vie intérieure.

Pourquoi le monde de Thérèse, humainement si étroit et pauvre, donne-t-il pourtant le sentiment d’être si ample et si dilaté ? Pourquoi une telle impression de liberté se dégage-t-elle du récit qu’elle fait de sa vie au Carmel ?

Tout simplement parce que Thérèse aime avec intensité. Elle est embrasée d’amour pour Dieu, de charité envers ses sœurs, elle porte l’Église et le monde tout entier dans une tendresse de mère. Voilà son secret : elle n’est pas à l’étroit dans son petit couvent, car elle aime. L’amour transfigure tout et met une note d’infini dans les choses les plus banales. Tous les saints ont fait la même expérience : « L’amour est un mystère qui transfigure tout ce qu’il touche en des choses belles et agréables à Dieu. L’amour de Dieu rend l’âme libre. Elle est comme une reine, qui ne connaît pas la contrainte de l’esclavage », s’exclame sainte Faustine dans son journal spirituel.

Réfléchissant sur cela, m’est revenue à la pensée une phrase de saint Paul adressée aux chrétiens de Corinthe : « Vous n’êtes pas à l’étroit chez nous ; c’est dans vos cœurs que vous êtes à l’étroit. »

Bien souvent, nous nous trouvons à l’étroit dans notre situation, notre famille, notre environnement. Mais peut-être le vrai problème est-il ailleurs : c’est en fait dans notre cœur que nous sommes à l’étroit, c’est là l’origine de notre manque de liberté. Si nous aimions davantage, l’amour donnerait des dimensions infinies à notre vie, et nous ne nous sentirions plus aussi à l’étroit.

Je ne veux pas dire qu’il n’y ait pas parfois des situations objectives à changer, des circonstances opprimantes ou étouffantes auxquelles il faille remédier pour que le cœur éprouve une réelle liberté intérieure. Mais je crois que bien souvent aussi nous sommes dans une certaine illusion. Nous accusons l’environnement, alors que la vraie question est ailleurs. Notre manque de liberté vient d’un manque d’amour : nous estimons être victimes d’un contexte désavantageux, alors que le problème véritable – comme les solutions – est en nous-mêmes. C’est notre cœur qui est prisonnier de son égoïsme ou de ses peurs et qui doit changer, apprendre à aimer en se laissant transformer par le Saint-Esprit ; c’est le seul moyen de sortir du sentiment d’étroitesse dans lequel nous nous trouvons pris. Qui ne sait pas aimer se trouvera toujours défavorisé et se sentira à l’étroit partout ; celui qui sait aimer ne se trouvera à l’étroit nulle part. Voilà ce que m’a enseigné la Petite Thérèse. Elle m’a fait comprendre aussi une autre chose importante, mais que nous développerons plus loin : notre incapacité à aimer provient le plus souvent de nos manques de foi et de nos manques d’espérance.

La liberté intérieure

Jacques Philippe

Editions des Béatitudes

216 p. – 11,5 x 17,5 cm – 11€

www.editions-beatitudes.com

Du temps pour Dieu

L’outil indispensable pour persévérer dans notre vie de prière et grandir dans l’intimité avec Dieu. Un best-seller incontournable en version augmentée.

Alors que yoga, zen, relaxation et autre méditation orientale font recette en Occident, à grand renfort de concentration mentale et techniques aussi diverses qu’onéreuses, l’oraison – pur don gratuit de l’Amour de Dieu – continue d’animer et de faire vivre les saints, ces vrais amis de Dieu que nous sommes tous en devenir.

Dans l’oraison, « l’essentiel n’est pas de penser beaucoup, mais d’aimer beaucoup » nous dit sainte Thérèse d’Avila. Humilité, amour et fidélité, telles sont les seules « qualités » requises pour accéder à cette source intarissable qu’est le cœur de Dieu.

Un best-seller incontournable, riche en exemples et en conseils concrets.

Du temps pour Dieu

Jacques Philippe

Editions des Béatitudes

132 p. – 11,5 x 17,5 cm – 9,90€

www.editions-beatitudes.com

A l'école de l'Esprit-Saint

LE livre pour apprendre à reconnaître la voix de l’Esprit Saint dans nos vies et à nous laisser guider par lui. Pour vivre la docilité à l’Esprit Saint.

Dans la Bible, l’Esprit Saint est le Consolateur, la force d’en-haut qui vient au secours de notre faiblesse. Pour nous qui sommes si fragiles, confrontés à tant de combats et d’égarements, cette assistance du Saint-Esprit est infiniment précieuse. Il est la source vivifiante qui nous guide, imprimant ses mouvements et inspirations au plus profond de notre âme. Apprendre à y être attentifs, à les reconnaître et les accueillir, nous fera faire des pas de géant.

Avec un langage accessible et concret, l’auteur nous montre les conditions pratiques qui permettent cette docilité à l’action du Saint-Esprit pour une vie renouvelée.

Chapitre 1
LA SAINTETÉ EST L’ŒUVRE DE L’ESPRIT

L’illusion commune est de penser que la sanctification serait l’œuvre de l’homme : il s’agit d’avoir un programme de perfection bien clair, et de se mettre à l’œuvre avec courage et patience pour le réaliser progressivement. Tout est là.
Malheureusement (ou heureusement !) tout n’est pas là… Qu’il faille du courage et de la patience, sans doute. Mais que la sainteté soit la réalisation d’un programme de vie que nous nous fixons, certainement pas. Pour plusieurs raisons dont nous allons évoquer les deux principales.


1. La tâche est au-delà de nos forces

Il est impossible d’accéder à la sainteté par nos propres forces. Toute l’Écriture nous enseigne qu’elle ne peut être que le fruit de la grâce de Dieu. Jésus nous dit : « Hors de moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5). Et saint Paul : « Vouloir le bien est à ma portée, mais non pas l’accomplir » (Rm 7, 18). Les saints eux-mêmes en témoignent. Voici comment s’exprime Grignion de Monfort, parlant de cette sanctification qui est le projet de Dieu sur nous :

« Oh ! Quel ouvrage admirable : la poussière changée en lumière, l’ordure en pureté, le péché en sainteté, la créature en le Créateur et l’homme en Dieu ! Oh ! Ouvrage admirable ! Je le répète, mais ouvrage difficile en lui-même et impossible à la seule nature ; il n’y a que Dieu qui, par une grâce et une grâce abondante et extraordinaire, puisse en venir à bout ; et la création de tout l’univers n’est pas un si grand chef-d’œuvre que celui-ci. »

Quels que soient nos efforts, nous ne pouvons pas nous changer nous-mêmes. Seul Dieu peut venir à bout de nos défauts, de nos limites dans l’ordre de l’amour, lui seul a une emprise assez profonde sur nos cœurs pour cela. En être conscient nous évitera bien des combats inutiles et des découragements. Nous n’avons pas à devenir saints par nos propres forces, mais à trouver le moyen de faire en sorte que Dieu nous rende saints.

Cela demande beaucoup d’humilité – renoncer à cette prétention orgueilleuse à vouloir nous en sortir par nous-mêmes, accepter nos pauvretés, etc. –, mais en même temps c’est très encourageant.

En effet, si nos propres forces ont des limites, par contre la puissance et l’amour de Dieu n’en ont pas. Et nous pouvons infailliblement obtenir que cette puissance et cet amour viennent au secours de notre faiblesse. Il nous suffit de consentir paisiblement à cette dernière et de mettre en Dieu seul toute notre confiance et notre espérance. Dans le fond c’est très simple, mais comme toutes les choses simples il nous faut des années pour le comprendre et surtout pour le vivre.

Le secret de la sainteté, c’est en quelque sorte de découvrir que nous pouvons tout obtenir de Dieu, à condition de savoir comment le prendre. C’est le secret de la petite voie de sainte Thérèse de Lisieux : Dieu a un cœur de Père, et nous pouvons infailliblement obtenir de lui ce qui nous est nécessaire, si nous savons le prendre par le cœur.

Je crois que cette idée que l’on peut tout obtenir de Dieu, Thérèse l’a trouvée chez celui qui a été presque son unique maître, saint Jean de la Croix. Voici ce que dit ce dernier, dans le Cantique Spirituel :

« Grande est la puissance et l’obstination de l’amour, puisqu’il conquiert et lie Dieu lui-même. Heureuse l’âme qui aime, car elle tient son Dieu prisonnier, et rendu à tout ce qu’elle désire. Il est en effet d’une nature telle que, si on le prend par amour et par le bon côté, on lui fera faire ce que l’on veut. »

Cette phrase audacieuse sur la puissance que peuvent avoir notre amour et notre confiance sur le cœur de Dieu comporte une belle et profonde vérité. Le même saint Jean de la Croix l’exprime ailleurs en d’autres termes : « Ce qui touche le cœur de Dieu et en triomphe, c’est une ferme espérance. » Et encore : « Dieu a une si haute estime de l’espérance de l’âme qui est sans cesse tournée vers Lui et compte sur lui seul qu’on peut dire en vérité qu’elle obtient tout ce qu’elle espère. »

La sainteté n’est pas un programme de vie, mais elle est quelque chose qui s’obtient de Dieu, il existe même des moyens infaillibles pour l’obtenir, le tout est de comprendre lesquels… Nous avons tous le pouvoir de devenir saints, simplement parce que Dieu se laisse vaincre par la confiance que nous mettons en lui. Ce que nous allons dire par la suite a comme but de nous mettre sur cette bonne voie…


2. Dieu seul connaît le chemin de chacun

Voici une deuxième raison pour laquelle on ne devient pas saint en se fixant un programme : il y a autant de formes de sainteté, et donc aussi de cheminements vers la sainteté, que de personnes.

Chacun est absolument unique pour Dieu. La sainteté n’est pas la réalisation d’un certain modèle de perfection qui serait identique pour tous. Elle est l’émergence d’une réalité absolument unique, que Dieu seul connaît et que lui seul sait faire éclore. Chacun ignore en quoi consiste sa propre sainteté, cela ne lui est dévoilé qu’au fur et à mesure de son cheminement, et c’est souvent bien autre chose que ce qu’on pouvait imaginer. Au point que le plus grand obstacle vers la sainteté, c’est peut-être de trop « s’accrocher » à l’image qu’on se fait de sa propre perfection…

Celle que Dieu veut est toujours différente, toujours déroutante, mais en fin de compte infiniment plus belle, car Dieu seul est capable de créer des chefs-d’œuvre absolument uniques, alors que l’homme ne sait qu’imiter.

Cela a une grande conséquence. Pour accéder à la sainteté, l’homme ne peut pas se contenter de suivre des principes généraux qui valent pour tout le monde. Il lui faut aussi comprendre ce que Dieu lui demande en particulier, et qu’il ne demande peut-être à aucun autre. Comment le reconnaître ? De diverses manières bien sûr : à travers les événements de la vie, dans les conseils d’un père spirituel, et bien d’autres moyens encore.

Parmi ceux-ci, il en est un dont l’importance fondamentale mérite d’être expliquée. Il s’agit des inspirations de la grâce divine. En d’autres termes, il s’agit de ces sollicitations intérieures, de ces mouvements de l’Esprit Saint dans le profond de notre cœur, par lesquels Dieu nous fait connaître ce qu’il nous demande, et en même temps nous communique la force nécessaire pour l’accomplir, si du moins nous y consentons. Nous dirons plus loin comment discerner et accueillir ces inspirations.

Pour devenir saints, nous devons bien entendu nous efforcer de mettre en pratique la volonté de Dieu, telle qu’elle nous est signifiée de manière générale et valable pour tous, par l’Écriture, par les commandements, etc. Il est indispensable aussi, comme nous venons de le dire, d’aller plus loin : aspirer à connaître non seulement ce que Dieu demande à tous de manière générale, mais aussi ce qu’il attend plus spécifiquement de moi. C’est là qu’interviennent ces inspirations dont nous parlons. Mais il faut affirmer aussi que, même en ce qui concerne l’accomplissement de la volonté générale de Dieu sur nous, ces inspirations sont nécessaires.

La première raison est la suivante. Si nous aspirons à la perfection, nous avons tant de choses à pratiquer, tant de commandements et de vertus à mettre en œuvre, qu’il nous est impossible de combattre sur tous les fronts, il est donc important à un moment de notre vie de savoir quelle vertu nous devons mettre en priorité, non selon nos idées, mais selon ce que Dieu demande effectivement, ce sera infiniment plus efficace. Et ce n’est pas toujours ce que nous pensons spontanément. Il y aurait beaucoup à dire là-dessus : il arrive bien souvent que nous fassions des efforts démesurés pour progresser sur un point, alors que Dieu nous demande autre chose. Par exemple faire des efforts acharnés pour corriger un défaut de caractère, alors que ce que Dieu nous demande, c’est de l’accepter avec humilité et douceur envers nous-mêmes ! Les inspirations de la grâce sont très précieuses pour nous permettre de bien orienter nos efforts, dans la multitude des combats que nous avons à mener… Sans elles, nous risquons fort, soit de nous relâcher sur certains points, soit d’exiger de nous-mêmes plus que ce que Dieu nous demande, ce qui est tout aussi grave et plus fréquent qu’on ne croit. Dieu nous appelle à la perfection, mais n’est pas perfectionniste. Et la perfection se rejoint non pas tant par la conformité extérieure à un idéal que par la fidélité intérieure à des inspirations.

Il y a une deuxième raison, que l’expérience démontre. Même la volonté et les commandements de Dieu que nous connaissons parce qu’ils sont valables pour tout le monde, nous n’avons bien souvent pas la force de les accomplir. Or chaque fois que nous sommes fidèles à répondre à une motion de l’Esprit dans le désir d’être dociles à ce que Dieu attend de nous, même à propos d’une chose en soi presque insignifiante, cette fidélité attire sur nous un surcroît de grâce et de force, qui pourra s’appliquer dans d’autres domaines et nous rendre peut-être un jour capables de pratiquer ces commandements que, jusque-là, nous n’avions pas la force de pratiquer pleinement. C’est, pourrait-on dire, une application de la promesse de Jésus dans l’Évangile : « C’est bien, serviteur bon et fidèle, lui dit son maître, en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t’ établirai » (Mt 25, 21). On peut en déduire une « loi spirituelle » fondamentale : nous obtiendrons la grâce d’être fidèles dans les choses importantes, qui nous sont pour le moment impossibles, à force d’être fidèles dans les petites choses à notre portée, surtout quand ces petites choses sont celles que le Saint-Esprit nous demande en sollicitant notre cœur par ses inspirations.

Terminons ce passage par une considération, elle aussi capitale, pour nous motiver dans le désir de fidélité à ces inspirations. Si nous vous proposons de faire des efforts pour réaliser quelque progrès spirituel selon nos idées et nos critères à nous, le succès est loin de nous être assuré. Nous l’avons dit : entre ce que Dieu nous demande effectivement et ce que nous imaginons qu’il demande, il y a parfois une belle différence. Nous n’aurons pas la grâce pour faire ce que Dieu ne nous demande pas. Par contre, pour ce qu’il attend de nous, sa grâce nous est assurée : Dieu donne ce qu’il ordonne. Quand Dieu inspire de faire quelque chose (si c’est vraiment lui qui est à la source de cette inspiration), il procure en même temps la capacité de le réaliser. Même si cela nous dépasse ou nous fait peur dans un premier moment… Toute motion divine, en même temps qu’elle est lumière pour comprendre ce que Dieu désire, est force pour l’accomplir. Lumière qui éclaire l’intelligence, et force qui anime la volonté.


2. La fidélité à la grâce attire d’autres grâces

Voici un petit récit de sœur Faustine, toujours extrait de son Journal.

« Ce soir, je tâchais de faire tous mes exercices jusqu’à la bénédiction, car je me sentais plus malade qu’à l’ordinaire. Tout de suite après la bénédiction, je suis allée me coucher. Mais quand je suis entrée dans ma chambre, soudain, j’ai senti intérieurement qu’il fallait que j’aille dans la cellule de sœur N. car elle avait besoin d’aide. Je suis tout de suite entrée dans sa cellule, et sœur N. m’a dit : “Oh ! Comme c’est bien, ma sœur, que Dieu vous ait amenée.” Et elle parlait d’une voix si basse que j’ai pu à peine l’entendre. Elle me dit : “Ma sœur, veuillez, s’il vous plaît, m’apporter un peu de thé avec du citron, car j’ai tellement soif et je ne peux bouger, car je souffre beaucoup.” Et vraiment elle souffrait beaucoup et elle avait beaucoup de fièvre. Je l’ai placée plus commodément et avec un peu de thé elle a apaisé sa soif. Quand je suis entrée dans ma cellule, mon âme a été pénétrée d’un grand amour de Dieu et j’ai compris qu’il faut faire très attention aux inspirations intérieures et les suivre fidèlement. Et la fidélité à une grâce en attire d’autres. »

Ce texte illustre bien certaines choses dites précédemment. Il souligne un point capital : chaque fidélité à une inspiration est récompensée par des grâces plus abondantes, en particulier par des inspirations plus fréquentes et plus fortes, il y a ainsi comme un entraînement de l’âme vers une fidélité plus grande à Dieu, une perception plus claire de sa volonté, une facilité majeure pour l’accomplir. Saint François de Sales l’affirme, lui aussi :

« Quand on fait très bien son profit d’une inspiration que Notre Seigneur donne, il en redonne une autre, et ainsi Notre Seigneur continue ses grâces à mesure que l’on en fait son profit. »

Et c’est cela le dynamisme fondamental qui pourra nous conduire peu à peu à la sainteté, notre fidélité à une grâce en attirant d’autres. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus elle aussi témoigne de ce « dynamisme de la fidélité » qui rend de plus en plus aisé l’accomplissement de la volonté de Dieu :

« La pratique de la vertu me devint douce et naturelle ; au commencement mon visage trahissait souvent le combat, mais peu à peu cette impression disparut et le renoncement me devint facile même au premier instant. Jésus l’a dit : “A celui qui possède, on donnera encore et il sera dans l’abondance.” Pour une grâce fidèlement reçue, il m’en accordait une multitude d’autres … »

Ajoutons que cela s’accompagne d’une grâce de bonheur : même si obéir à l’Esprit nous coûte souvent dans un premier moment, parce que cela heurte nos peurs, nos attachements, etc., cette obéissance est toujours, en fin de compte, source de joie et de bonheur, elle est accompagnée d’une effusion de grâce qui dilate le cœur, qui fait que l’âme se sent libre et heureuse de cheminer dans les voies du Seigneur : « Je cours sur la voie de tes commandements, car tu as mis mon cœur au large » (Ps 119, 32). Dieu nous récompense largement, avec une générosité qui n’appartient qu’à lui. Il nous traite en Dieu… Il y a là aussi comme une loi spirituelle, que l’expérience confirme, et qui mérite d’être notée. Ce qui veut dire que cette voie de la docilité aux motions de l’Esprit, si elle est très exigeante, car « l’Esprit souffle où il veut » (Jn 3, 8), est une voie de liberté et de bonheur, dans laquelle l’âme chemine sans contrainte, le cœur non pas resserré, mais dilaté. Cette dilatation du cœur est comme un signe manifeste de la présence de l’Esprit.

L’Esprit Saint est à juste titre appelé « Consolateur ». Les touches de cet Esprit, qui nous éclairent et nous poussent à agir, quand elles sont accueillies, outre la lumière et la force, déversent dans notre cœur comme une onction de réconfort et de paix, qui bien souvent nous comble de consolation. Quand bien même leur objet serait de peu d’importance, ces touches, comme elles procèdent de l’Esprit divin, participent de ce pouvoir qu’a Dieu de nous consoler et de nous combler.

Une seule petite goutte de l’onction du Saint-Esprit peut, à elle seule, remplir notre cœur de plus de contentement que tous les biens de la terre, car elle participe de l’infini de Dieu.

« D’une onction tu me parfumes la tête, ma coupe déborde » (Ps 23, 5). Et cette onction de l’Esprit se répand immanquablement dans l’âme de celui qui fait le bien que l’Esprit lui inspire. On retrouve cette autre grande loi de la vie spirituelle : ce qui est vraiment capable de contenter nos cœurs, ce ne sont pas tant les biens que nous recevons, que le bien inspiré par Dieu que nous pratiquons. Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir.

Nous venons de montrer à quel point il est fécond d’accueillir et de suivre les motions de l’Esprit, au point de pouvoir dire avec sœur Faustine que c’est sans conteste le moyen principal de notre sanctification. Diverses questions se posent à nous : comment reconnaître et discerner ces motions de l’Esprit ? Tous reçoivent-ils ces motions ? Avec quelle fréquence ? Comment favoriser leur présence dans notre vie spirituelle ?

Nous allons tenter de répondre maintenant à ces questions, en commençant par la dernière.

Pour approfondir, seul ou en groupe :
• Quelle conception avez-vous de la sainteté ? Quelle est la différence, selon vous, avec la perfection ?
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• Que mettez-vous en œuvre pour répondre à l’appel à la sainteté que Dieu nous adresse ?
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• Quelle place laissez-vous à Dieu dans ce processus de transformation ?
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• Qu’est-ce qui vous aide à écouter les motions de l’Esprit Saint ? Avez-vous fait l’expérience d’une joie profonde en obéissant à ce qu’il vous demandait ?
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A l’école de l’Esprit-Saint

Jacques Philippe

Editions des Béatitudes

112 p. – 11,5 x 17,5 cm – 9€

www.editions-beatitudes.com

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